Dépression Saisonnière

Dépression Saisonnière

 

Selon certaines études, le taux de dépression augmente. D'après les psychiatres, la dépression est plus présente aujourd'hui qu'elle ne l'était, une ou deux générations auparavant. La dépression semble commencer dès le plus jeune âge. Le taux de suicide est plus important chez les adolescents et les jeunes gens. Peut-être la consommation de drogues illicites est-elle un facteur expliquant l'augmentation du taux de suicide aujourd'hui, mais peut-être aussi que la dépression est la cause de l'usage plus fréquent des drogues et de l'alcool. Le taux de suicide a aussi augmenté chez les personnes âgées. La dépression est plus un problème dans les régions urbaines : le taux de dépression est plus bas dans les zones rurales, là où les gens vont travailler plus à l'extérieur. En résumé, la dépression et le suicide sont plus fréquents, probablement parce que les gens sont moins exposés à la lumière.

Qu'est-ce que la dépression ? Une grande partie de la dépression réside dans un sentiment morose de perte – perte d'un travail, d'un ami ou autre déceptions. Une des tristesses les plus sombres survient lorsque nous perdons un être cher comme un parent, un conjoint ou un enfant. Il est normal de ressentir une telle tristesse (dans le sens où nous faisons tous un jour l'expérience du deuil, pas dans le sens où de telles disparitions ne sont pas douloureuses). L'origine d'une telle tristesse est souvent psychologique et comme les mauvais moments disparaissent avec le temps, la tristesse s'en va généralement d'elle-même. Mais le rétablissement peut s'avérer être un long et douloureux processus. De plus, il existe d'autres formes de dépression qui ont plutôt une origine biologique.

Certaines personnes – environ 15% des Américains – souffrent au moins une fois dans leur vie de ce qui s'appelle un trouble dépressif majeur. Une dépression majeure est une dépression tellement sévère que la personne se sent démoralisée, triste, déprimée la plupart de la journée et ce, presque tous les jours, ou alors perd tout intérêt pour les plaisirs ordinaires. De plus, par définition, la personne souffrant de dépression majeure présente au moins trois ou quatre symptômes additionnels tels que : perte ou prise de poids, perte ou excès de sommeil, agitation ou ralentissement, fatigue, sentiment de culpabilité ou d'inutilité, perte de concentration et des pensées de mort ou de suicide. La dépression est mineure si les symptômes sont moins nombreux. Le trouble est dysthymique si les symptômes sont moins graves que ceux de la dépression majeure mais tout de même persistants avec des relâchements durant deux ans ou plus. Le deuil ou les pleurs ne sont pas considérés comme une dépression majeure à moins que le trouble ne persiste de manière sérieuse pendant au moins deux mois ou à moins qu'il devienne si grave que la personne endeuillée se retrouve en danger ou devienne suicidaire.

Si la dépression majeure survient au moins une fois dans la vie de 15% d'Américains, un autre groupe équivalent n'est pas à l'abri de dépression moins sévère comme la dysthymie, les troubles dépressifs mineurs et autres troubles de l'humeur. Chez les personnes plus âgées, surtout celles âgées de plus de 70 ans, il existe une forme de dépression caractérisée par un sentiment d'épuisement, de rejet et de fatigue qui est très courante, même si on ne l'appelle pas trouble dépressif majeur. Néanmoins, une dépression mineure chez une personne âgée peut se révéler incapacitante. Presque toutes les formes de dépression chez les personnes âgées sont accompagnées par des troubles du sommeil. En réalité, les troubles du sommeil sont souvent un signe de dépression imminente.

Il existe un autre type de dépression généralement bénin qu'on retrouve surtout chez les femmes avant leur ménopause et qui a tendance à apparaître en hiver. Elle s'appelle ''trouble affectif saisonnier'' ou TAS, qui est une autre appellation désignant la dépression de l'hiver. Ce qui est étrange, c'est que les personnes atteintes de TAS disent souvent qu'elles dorment PLUS que d'habitude, bien qu'il s'agisse plus d'une question de fatigue et de passer plus de temps au lit, plutôt que de vraiment dormir. Une autre particularité caractéristique du TAS est que les personnes concernées ont des problèmes à se lever le matin. Dans des cas plus sévères, leur phase de sommeil sera clairement décalé, c'est-à-dire qu'elles auront plus de mal à s'endormir jusqu'à tard dans la nuit (longtemps après minuit par exemple) et se réveillent aussi tard le matin. Ces réveils matinaux sont normaux chez les patients plus âgés atteints de dépressions non saisonnières mais on retrouve également cette particularité dans le cas du TAS. De nombreuses personnes atteintes de TAS consomment plus de carbohydrates en hiver tels que des sucreries, prennent parfois du poids et ont besoin de vêtements plus amples, bien que la perte d'appétit se retrouve aussi dans le cas du TAS. Certaines personnes atteintes de TAS se sentent rejetées et veulent se replier sur elles-mêmes comme un ours en hibernation mais elles peuvent très bien présenter moins de symptômes de tristesse et de culpabilité que d'autres dépressifs majeurs. Comme pour les autres formes de dépression, il existe une forme plus bénigne du TAS appelée ''TAS subsyndromique'' qui est une forme simplement moins sévère mais plus courante. Les personnes atteintes de trouble saisonnier moins sévère souffrent d'une léthargie et d'une prise de poids moins importantes en hiver, ainsi que d'un sommeil parfois excessif le matin, mais ne constitue pas vraiment une dépression incapacitante.

Il semble assez clair que de nombreuses personnes atteintes de TAS connaissent le modèle récurrent de dépression de l'hiver au moins une fois dans leur vie ainsi que d'autres modèles de dépression non saisonnière plus courante en d'autres occasions. À mon avis, aussi bien la dépression saisonnière que non saisonnière sont des manifestations quelque peu différentes de la même maladie, tout comme certaines personnes souffrant de la rougeole ont plus de boutons sur le visage et d'autres plus sur le corps. Certaines personnes ne connaissent qu'une seule dépression dans leur vie, mais pour la plupart des personnes atteintes de dépression, la dépression se manifestera de manière occasionnelle. Le modèle de récurrence est tout à fait imprévisible pour la plupart des personnes concernées. La plupart des dépressions majeures ne survient pas en hiver. En réalité, il peut y avoir plus de dépression au printemps (et peut-être en automne) qu'en hiver ou en été.

Nous savons à présent que les dépression surviennent souvent chez les personnes qui ne reçoivent pas assez de lumière – qui ne sont pas suffisamment exposées à la lumière naturelle. Parmi les volontaires de l'échantillon aléatoire de population de San Diego qui ont accepté de porter un Actillume, ceux qui furent exposés à un très faible éclairage (en partie parce qu'ils ont passé moins de temps à la lumière du jour) souffraient plus de dépression. À San Diego, la différence est minime en ce qui concerne la quantité de lumière du jour en été et en hiver, si bien que la relation entre une luminosité faible et la dépression ne peut pas s'expliquer par l'arrivée de l'hiver. D'autre part, la dépression de l'hiver devient de plus en plus courante lorsqu'on examine les régions situées les plus au nord des États-Unis, surtout en ce qui concerne Fairbanks et l'Alaska du nord. Il est très clair que lorsqu'on va vers le nord – là où les journées d'hiver sont plus courtes et plus sombres – la prévalence de la dépression de l'hiver augmente. Les températures froides de l'hiver sont aussi liées à la dépression hivernale, ce qui suggère qu'une grande partie de la dépression hivernale est causée par un temps froid qui incite les gens à rester à l'intérieur. Comme on pouvait s'y attendre, le modèle de récurrence de la dépression estivale semble être courant dans les régions les plus chaudes des États-Unis, bien qu'il ne soit pas aussi courant que la dépression de l'hiver. Les températures chaudes de l'été peuvent en effet inciter les gens à rester chez eux avec l'air conditionné (et sans lumière naturelle) et donc expliquer la dépression estivale.